Conférence COS "Glaciers & eau : Quels enjeux pour notre économie ?"
- contact iDEE

- 23 févr.
- 2 min de lecture
Le 18 février dernier, l’association iDÉE a réuni experts et scientifiques à Polytech Chambéry pour explorer une question vitale : quels impacts le retrait des glaciers et les cycles de l'eau ont-ils sur notre économie locale ?
Comprendre pour mieux protéger
Jean-Baptiste Bosson, glaciologue, a ouvert la conférence en nous invitant à changer de regard sur le retrait des glaciers. Ce n'est pas seulement une perte, c'est la naissance d'un nouveau monde. Le retrait glaciaire libère des terres vierges où la vie reprend ses droits. Ces écosystèmes post-glaciaires sont essentiels pour réguler le cycle de l'eau et limiter les nouveaux aléas climatiques.
Il a insisté sur le fait que la connaissance des glaciers doit devenir un levier de sensibilisation citoyenne pour nourrir des débats locaux et rendre la transition désirable. Pour lui, l'heure est à la coopération concrète, notamment à travers des outils comme le festival "Agir pour les glaciers" ou la création de fonds de dotation dédiés, permettant de financer la protection de ces nouveaux sanctuaires alpins.
Risques et (in)assurabilité : le nouveau paradigme
Damien Bourgeois a apporté une vision pragmatique et chiffrée de l'impact financier du réchauffement climatique sur les entreprises. En 40 ans, les sinistres climatiques ont été multipliés par 3. Pour les entreprises, la sinistralité a doublé en seulement deux décennies. Ce n'est qu'un début : on prévoit un doublement de la charge sinistre pour la période 2020-2050.
L'inassurabilité est officiellement entrée dans la prospective des assureurs pour 2025. D'ici 10 ans, certaines entreprises pourraient ne plus trouver de couverture si elles n'anticipent pas. Damien a toutefois souligné que des outils de diagnostic permettent aujourd'hui d'évaluer précisément son exposition (à la parcelle près) pour mieux s'en protéger.
Un monde non stationnaire
Thierry Lebel, hydroclimatologue, a rappelé que l'eau, bien qu'omniprésente dans nos esprits, représente moins de 0,5 % de la masse terrestre et subit une pression sans précédent. Le réchauffement provoque une évaporation plus forte, ce qui sature l'atmosphère en vapeur d'eau (renforçant l'effet de serre) et rend les précipitations beaucoup plus intenses.
Dans nos montagnes, le climat continental s'échauffe plus vite que sur les côtes. Nous observons déjà une hausse des débits des rivières en hiver (risques d'inondations) suivie de baisses drastiques en été (sécheresses sévères), perturbant tout l'équilibre territorial.
Son message le plus fort est que nous vivons désormais dans un "monde non stationnaire". Les méthodes de construction et de gestion de l'eau basées sur les statistiques du passé ne sont plus valables. Il faut réinventer notre manière d'aménager le territoire pour l'adapter à cette variabilité extrême.
De la théorie à l'action : les ateliers collaboratifs
L’événement s’est conclu par des ateliers pratiques animés par Françoise Berthoud. Les participants ont pu partager leurs expériences vécues face à différents sinistres (sécheresses, canicules, inondations) pour co-construire des solutions de résilience et élaborer des plans d’anticipation concrets par type de sinistre.
Un livrable rédigé par Pierre-Yves Longaretti sera prochainement téléchargeable depuis le site iDEE. Ce livrable à pour vocation de donner des méthodes d'adaptation aux entreprises, et sera updaté au fur et à mesure des retours d'expérience.













Commentaires